par Dominique Dubois : dubois.dominique@gmail.com
Dans la foulée de la création de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise au début des années 70, la mise en place exnihilo de zones d’activités dans la plaine de Saint-Ouenl’Aumône n’avait rien d’évident, hormis la proximité de l’autoroute A15. Pas de gare, pas de transports ni d’infrastructures. L’idée des technocrates de l’époque était logique : fournir du travail local aux habitants de la ville nouvelle. Mais les entreprises sont comme les plantes, elles ont besoin d’être dans un terreau favorable pour croître et prospérer. Là, l’Etat fut un peu novice en la matière et l’enfer reste pavé de bonnes intentions... Et pourtant, année après année, depuis 1973, ces zones voisines ont su s’unir puis mettre en place tout un environnement favorable, se battre, comme pour arracher des moyens de transports et une voirie adaptée. Il y a encore 10 ans cette zone était la plus grande de France et aussi d’Europe.
Des portes ouvertes pour un anniversaire
Le 14 septembre dernier, donc, ce double anniversaire fut dûment célébré avec la visite d’entreprises de la zone, de taille très variée avec, pour finir, la visite d’ABB ROBOTIQUE avec la “Ronde des Robots” en animation, avant la cérémonie officielle en présence de toutes les autorités concernées. Des portes ouvertes, même entre voisins qui croient se connaître, ne sont jamais inutiles, car “l’on va souvent chercher bien loin ce que l’on a devant sa porte”.
Ouverture à l’international
Bien conscients de la mondialisation des échanges et de ses bienfaits comme de ses dangers, les membre du GIE ne cessent de renforcer leur contacts à l’international et, notamment, vers la Chine. Une chargée de mission - interprète - pour la Chine précisément, est même présente à demeure. Les partenariats signés avec les zones d’activités de Wuxi, de Zhenjiang, dans la périphérie de Shanghai ou encore avec Wuhan ou Tianjin sont très actifs. N’oublions pas non plus les liens tissés avec les américains du Howard County. Les échanges commerciaux sont réguliers et l’implantation de sites de production, externalisés pour baisser les coûts, en cours pour certaines entreprises.
Avant tout une équipe et des relais dans les acteurs publics
On ne peut pas parler du GIE et des organismes qui l’ont précédé sans citer le nom de M. Michel Mêlé son président fondateur qui, avec un bureau et une équipe fidèle d’entrepreneurs locaux, a su faire prospérer et évoluer cette communauté disparate, pour ne parler que de la taille ou de l’activité de ses membres. Des relations étroites et de confiance ont été tissées avec le préfet de région, le Conseil Général, la Communauté d’Agglomération et de nombreux acteurs locaux, à commencer par les universités, lycées et centres de recherche.
La crise des années 90 laissa des blessures profondes dans ces zones industrielles et des secteurs entiers d’activités ont disparu. Mais les responsables du GIE n’ont pas baissé les bras. Des mesures de soutien, de conseil, d’accompagnement des entrepreneurs ont été mises en place et, aujourd’hui, une nouvelle génération d’entreprises est venue occuper les locaux vacants, attirée par une situation géographique intéressante et les très nombreux services disponibles sur place. Les problèmes restent nombreux, recrutement, transmission et reprise d’entreprises, formation, délocalisations, etc, mais il n’est pas exagéré de dire que les entreprises des parcs d’activité de Saint-Ouen-l’Aumône se sentent bien là où elles sont et ont conscience de faire partie d’un club prêt à les soutenir en cas de besoin.