propos recueillis par Eléonore Robert et Dominique Dubois
Le Groupe HEXAGON s’affirme
Le groupe Hexagon représente aujourd’hui 7600 personnes pour un peu plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires, déclare M. Per Holmberg (Fig. 1), PDG de HEXAGON METROLOGY EUROPE. Dans tous les secteurs où le groupe est présent, celui-ci essaye de devenir numéro un ou deux, quitte à recourir à de la croissance externe.
Fig. 1 - “Le Groupe Hexagon représente aujourd’hui 7600 personnes pour un peu plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires”, précise M. Per Holmberg, PDG de HEXAGON METROLOGY EUROPE.
La division Mesure et Technology compte pour près de 75 pour cent des ventes. Pour l’instant Hexagon Metrology et Leica sont deux entités distinctes au sein du groupe. Le groupe revendique 50 000 MMT (Machines de Mesure Tridimensionnelle) installées et plus de 4000 bras de mesure avec pas moins de 20000 licences PC DMIS. Le groupe a été constitué en cinq ans et a une stratégie horizontale et verticale très affirmée visant à unifier les gammes en cherchant à ré-duire les coûts avec la meilleure offre possible. L’indépendance est recherchée au niveau des têtes de mesure tandis que des développements sont attendus en lasers de numérisation (G scan, Tscan) ou de caméras CCD.
Des efforts particuliers sont également consentis au niveau des logiciels avec la mise sur le marché de la suite logicielle EMS basée sur le standard PC DMIS et compatible I++. La division Métrologie basée à Londres, emploie 822 collaborateurs en Europe.
> Développements techniques
Les nano-technologies sont un axe majeur de développement et de croissance pour le groupe, insiste M. Holmberg.
- Votre projection sur les trois à cinq années à venir ?
La croissance du groupe va se poursuivre avec des opportunités de croissance interne et externe en vue, avec des axes technologiques forts comme la vision, les nanos-mesures et les mesures de formes. Dix pour cent du chiffre d’affaires seront consacrés à la R&D. Le standard PC DMIS devenant une base commune pour tout le groupe. Les contrôles et mesures de tubes étant un secteur en pleine croissance.
- Le marché européen
Perçu comme un marché de renouvellement à valeur ajoutée technologique. En France proprement dite, un marché de prestations de services se crée avec des missions de mesure et de calibration sur site soit par des sociétés spécialisées soit par la maison mère elle-même, qui se voit confier des demandes globales par certains donneurs d’ordres incluant une prise en charge totale externalisée à terme.
- Le marché mondial
Le marché asiatique sera encore longtemps un marché d’équipement. Le groupe détient 55 pour cent de part de marché en Chine et 35 pour cent aux USA. L’Inde est aussi en forte progression.
Poursuite de l’innovation chez RENISHAW
On constate une certaine stagnation des utilisateurs finaux au niveau des Machines de Mesure Tridimensionnelle (MMT) mais un certain développement des matériels embarqués sur machines-outils se fait sentir, déclare M. Louis Gonzalez (Fig. 2) Directeur Général de RENISHAW France. La vente passe souvent par le constructeur de la machine ce qui lèse la filiale française qui assure cependant l’après-vente. la communauté européenne est un marché stable et mature tandis que les USA reprennent ainsi que l’Asie qui est un marché d’équipement.
Fig. 2 - M. Louis Gonzalez, Directeur Général de RENISHAW France constate que “l’expansion impressionnante de Renishaw s’est cosntruite sur des produits technologiquement avancés et novateurs, avec la solitude des précurseurs”.
> Développements techniques
C’est la raison d’être de la marque mais, en dépit d’innovations remarquables, il est difficile de percer sur un marché aussi conservateur que saturé. Ce n’est qu’au travers d’applications exigeantes qu’il est possible d’imposer un nouveau produit, sinon plusieurs années peuvent s’écouler avant que le marché ne l’accepte. Le biais des grands projets de recherche est aussi un axe de pénétration possible, activement suivi par l’entreprise.
> Produit majeur ou révolution technique
Très certainement des produits comme la PH10, la SP 25 ou la TP20 qui furent - et sont - des produits ayant ouverts de nouvelles applications. La possibilité de faire de la numérisation sur MMT alors que seuls les palpeurs à déclenchement étaient utilisés représentait une révolution que le marché a mis trois ans à reconnaître. L’expansion impressionnante de Renishaw s’est construite sur des produits technologiquement avancés et novateurs avec la solitude des précurseurs.
- Votre projection sur les trois à cinq années à venir ?
- Le marché européen
Une progression tranquille de 5 pour cent annuelle en France même ou en Europe de l’Ouest avec un plus certain pour l’Est de l’Europe semble prévisible à moyen terme. Une pénétration du marché des MMT en place se fera lentement tandis que les machines neuves arriveront équipées. Le marché de la maintenance s’effrite peu à peu et la seule voie de croissance possible reste la formation et le retrofit de machines existantes.
- Le marché mondial
L’équipement des pays asiatiques et de la zone indienne va sans doute se poursuivre au rythme actuel - 30% - et les USA vont rattraper un retard certain dans ce domaine
- Les développements techniques
Si la PH 10 reste la star actuelle, le futur immédiat sera la famille RenScan avec la REVO, qui appelle encore un gros effort de mise au point sur les logiciels d’accompagnement.
L’effort de R&D de Renishaw qui est de 15 pour cent seporte massivement sur ce domaine actuellement. Là encore, il faudra plusieurs années pour faire comprendre les immenses avantages du produit. Certes le contrôleur est propriétaire mais des passerelles se mettent en place avec le standard PC DMIS notamment. Notons cependant, que si Renishaw fournit le “serveur” en I++, c’est aux développeurs de PC DMIS de fournir les instructions en I++ “client”. D’un côté il y a une perte de maîtrise de la précision pour le constructeur de la machine car elle réside dans la partie serveur, d’un autre, beaucoup dépend aussi des algorithmes utilisés dans l’interface “client”. Pas simple en fait... “La précision de la prise de point et les calculs sont deux choses différentes et des conflits peuvent apparaître” précise M.Gonzalez. Notons que si les appareils embarqués dans les machines-outils vont devenir la norme, le scanning sur machine ne devrait pas tarder à faire son apparition... avec des logiciels de programmation assistée des contrôles sur machine-outil. La collaboration avec DELCAM qui lance des modules de features tout à fait impressionnants d’efficacité et marquant l’abandon des G-codes, permettra aux opérateurs de mettre très vite au point des programmes de contrôle “au pied de la machine”.
- Message à faire passer en priorité ?
“Et l’Europe dans tout cela ?” fulmine M. Gonzalez. “Le front uni européen n’existe guère au plan économique comme au plan politique. Il faut se décider à faire payer leur quote part de notre bien-être social aux producteurs des pays émergents qui veulent vendre chez nous. Nous ne pourrons plus longtemps supporter la charge des licenciements économiques ou des délocalisations. Ceux qui ne souscrivent pas à nos règles sociales doivent faire un effort pour accéder au marché européen”.
En reprenant l’idée du Danemark, une baisse conséquente des charges patronales et salariales permettrait une hausse du revenu net salarial, aussitôt compensée par une hausse sensible de la TVA. Le budget de l’Etat s’y retrouverait sans doute et les importateurs supporteraient cette hausse dont le produit serait réaffecté au budget social. Cela aurait l’avantage de favoriser l’emploi et l’investissement en zone CEE en rendant les délocalisations plus coûteuses en cas de réimportation des produits. Les produits importés seraient plus chers et donc une hausse de pouvoir d’achat ne se traduirait plus automatiquement par une hausse des importations hors CEE. Les coûts salariaux étant plus acceptables, bien des entreprises étrangères s’installeraient en Europe pour y produire directement au lieu d’importer.
- Comment ressentez-vous l’intérêt des industriels à renouveler leur équipement pour bénéficier des avantages des machines de dernière technologie ?
Beaucoup balancent entre délocaliser des machines amorties ou anciennes ou réinvestir sur un marché plutôt stagnant. Délocaliser pour conquérir de nouveaux marchés est une démarche positive à l’inverse de celle qui envisage de réimporter des produits fabriqués à moindre coût. Pourtant avec des équipements très productifs et pouvant travailler seuls, l’impact des coûts salariaux est faible.
(De même délocaliser des équipements vieillissants est une erreur car les pays émergents ne s’équipent nullement de vieilles machines... NDLR).
MITUTOYO FRANCE : vingt ans
En mai 2006, MITUTOYO FRANCE a fêté superbement le vingtième anniversaire de la création et d’établissement de la SARL sur le sol français, installée depuis 1988 dans les locaux alors nouvellement construits du siège de Roissy. Mais laissons parler M. Bruno Lefebvre (Fig. 3), Gérant de Mitutoyo France:
Fig. 3 - Les vingt ans d’activité de MITUTOYO FRANCE ont été brillamment fêtés et l’occasion pour M. Bruno Lefebvre, Gérant de la filiale française, d’affirmer “nous investissons déjà dans des domaines nouveaux comme les nanotechnologies”.
“…Si j’en crois les personnes qui ont participé à la création de Mitutoyo France, celle-ci n’a pas été un long fleuve tranquille. En effet, non seulement il a fallu négocier et trouver un compromis satisfaisant avec l’importateur de nos produits depuis 1958, la société MECAWORMS mais, surtout, lever les nombreuses difficultés que rencontraient à cette époque les entreprises étrangères et, notamment japonaises, pour pouvoir s’implanter sur le territoire français…Cela n’a pas pour autant altéré la patience et la détermination des dirigeants de Mitutoyo…Cette détermination est l’une des caractéristiques du Groupe qui la doit à son fondateur M. Yehan Numata qui créa la société, il y a maintenant 72 ans. En effet, dès 1934, il pensa, dessina et fabriqua le premier des instruments de mesure de la très longue lignée Mitutoyo, à savoir un micromètre mécanique...
- L’implantation mondiale
La détermination liée à l’esprit visionnaire du fondateur ont su passer l’ensemble des difficultés pour construire un groupe international solide jalonnée par les étapes que constituent sur le
Continent américain en 1963, l’établissement de Mitutoyo America 1973, Mitutoyo Canada et 1974, Mitutoyo Brésil,
En Asie : 1978, Mitutoyo Asie Pacifique à Singapour
En Europe : en 1968, Mitutoyo Allemagne, 1980 Mitutoyo Angleterre, 1981 Mitutoyo Hollande, 1986 Mitutoyo France, 1987 Mitutoyo Italie.
Aujourd’hui, Mitutoyo est un groupe de 4 500 personnes implanté commercialement dans plus de 40 pays avec 16 centres de production répartis dans 6 pays et réalisant plus de 800 millions d’euros de chiffre d’affaires.
- La filiale française
Cette formidable expansion a été possible grâce à très forte intégration du savoir technologique un investissement constant dans la Recherche et Développement alliés une politique financière entièrement tournée vers le développement du groupe. Cette politique en tant que filiale, nous offre un levier de croissance extraordinaire car nous investissons la totalité de nos bénéfices localement pour assurer notre développement et apporter une amélioration constante et permanence du service et du support à notre clientèle. Cette politique appliquée scrupuleusement internationalement, combinée à un investissement important et constant dans le développement des produits existants ainsi que dans le développement de nouveaux produits et concepts en métrologie, a permis de hisser Mitutoyo à la position numéro un mondial incontesté dans le domaine de la métrologie dimensionnelle.
Ce succès et cette dimension internationale, n’empêchent pas que Mitutoyo reste avant tout un groupe familial tant dans sa structure financière que dans sa structure managériale permettant une communication interne directe conviviale et de confiance. Pour Mitutoyo France cette indépendance financière s’est traduite, pendant les 20 dernières années par des investissements dans :
- La construction et l’ouverture en 1988 du siège de Roissy,
- La création d’une agence commerciale à Lyon en 1989,
- La création d’une agence commerciale à Strasbourg en 1991,
- La création d’une agence commerciale à Cluses en 2001.
Ce sont autant de lieux de démonstration de la volonté de Mitutoyo de donner le meilleur du service à proximité de ses clients et partenaires. Cette structure exceptionnelle, dans notre domaine d’activité, est unique en France et conforte notre position de numéro un Français en métrologie dimensionnelle. De 26 personnes et un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros à fin décembre 1986, Mitutoyo France et, aujourd’hui, une société de 65 personnes réalisant un chiffre d’affaires de 19 millions d’euros et maîtrisant l’ensemble des processus liés à la vente à savoir, l’avant-vente, la vente, l’installation, la formation et le service après-vente…La confiance et le respect mutuel construits au long de ces vingt dernières années, alliés à la qualité de nos produits et de nos services nous ont permis d’établir une grande stabilité dans les relations avec les acteurs incontournables et reconnus de notre métier que ce soit sur plan régional ou national. Et au nom du Groupe Mitutoyo et de Mitutoyo France, je souhaite aujourd’hui les remercier d’avoir participé tout au long de ces vingt années, à notre développement malgré les vicissitudes et les aléas que le marché nous a réservés. Cette confiance et longévité se retrouvent aussi dans la relation avec nos clients en machines à mesurer et aussi avec nos fournisseurs de biens et de services avec qui, pour beaucoup, nous travaillons ensemble depuis 20 ans.…
- Perspectives
Les vingt dernières années ont représenté une aventure formidable et je suis persuadé qu’elles sont les fondations solides et stables de notre futur développement, malgré les bouleversements et les profondes modifications apportées par l’ouverture des frontières et du monde d’hyper communication dans lequel nous vivons.
En effet, cet avenir ne nous paraît pas des plus serins, car nous constatons que nos clients investissent de plus en plus dans les pays à bas coût et que notre marché est inondé par des produits en provenance de ces mêmes pays. Ceci est un fruit de la mondialisation et, bien entendu, inévitable.
Néanmoins, nous restons tout de même confiants, car nous avons collectivement une capacité d’adaptation et nous investissons déjà dans des domaines nouveaux comme les nanotechnologies pour lesquelles nous commençons à proposer des machines à mesurer. Parallèlement nous faisons évoluer notre offre pour devenir des fournisseurs de solutions globales de contrôle et métrologie, en complément de notre activité de fournisseur de produits…
... Nous sommes fiers aussi, cette année anniversaire, d’avoir obtenu la distinction des Trophées Industrie qui récompense l’innovation et la contribution à la compétitivité des entreprises et qui nous été remis par M. François Loos (Fig. 4), Ministre délégué à l’Industrie, pour notre nouveau robot de mesure MACH-V.
Fig. 4 - Lors du dernier Salon INDUSTRIE de Paris, M. Bruno Lefebvre, Gérant de Mitutoyo France reçoit le Trophée Industrie des mains du Ministre Délégué à l’Industrie, M. François Loos. Ce trophée distinguait les qualités d’innovation et de contribution à la compétitivité des entreprises apportées par le robot de mesure MACH-V de Mitutoyo.
Encore un dernier mot pour vous donner une explication sur la signification du nom “Mitutoyo”. “Mitu” signifie “trois” et “toyo” signifie “un état d’abondance”. Donc Mitutoyo peut se traduire par “trois états d’abondance”. Il a été choisi par le fondateur afin de véhiculer son vœu sincère de créer un environnement de qualité, de réaliser l’épanouissement des hommes et de développer une technologie de pointe.
Fort de l’ensemble de ces éléments, de la force et de la pérennité de nos relations, je pense que nous pouvons être sereins pour l’avenir et déjà, je vous donne rendez-vous dans cinq ans pour fêter notre quart de siècle !