On constate une certaine stagnation des utilisateurs finaux au niveau des Machines de Mesure Tridimensionnelle (MMT) mais un certain développement des matériels embarqués sur machines-outils se fait sentir, déclare M. Louis Gonzalez (
Fig. 2) Directeur Général de RENISHAW France. La vente passe souvent par le constructeur de la machine ce qui lèse la filiale française qui assure cependant l’après-vente. la communauté européenne est un marché stable et mature tandis que les USA reprennent ainsi que l’Asie qui est un marché d’équipement.
Fig. 2 - M. Louis Gonzalez, Directeur Général de RENISHAW France constate que “l’expansion impressionnante de Renishaw s’est cosntruite sur des produits technologiquement avancés et novateurs, avec la solitude des précurseurs”.
> Développements techniques
C’est la raison d’être de la marque mais, en dépit d’innovations remarquables, il est difficile de percer sur un marché aussi conservateur que saturé.
Ce n’est qu’au travers d’applications exigeantes qu’il est possible d’imposer un nouveau produit, sinon plusieurs années peuvent s’écouler avant que le marché ne l’accepte. Le biais des grands projets de recherche est aussi un axe de pénétration possible, activement suivi par l’entreprise.
> Produit majeur ou révolution technique Très certainement des produits comme la PH10, la SP 25 ou la TP20 qui furent - et sont - des produits ayant ouverts de nouvelles applications. La possibilité de faire de la numérisation sur MMT alors que seuls les palpeurs à déclenchement étaient utilisés représentait une révolution que le marché a mis trois ans à reconnaître.
L’expansion impressionnante de Renishaw s’est construite sur des produits technologiquement avancés et novateurs avec la solitude des précurseurs. - Votre projection sur les trois à cinq années à venir ?
- Le marché européen
Une
progression tranquille de 5 pour cent annuelle en France même ou en Europe de l’Ouest avec un plus certain pour l’Est de l’Europe semble
prévisible à moyen terme. Une pénétration du marché des MMT en place se fera lentement tandis que les machines neuves arriveront équipées. Le marché de la maintenance s’effrite peu à peu et la seule voie de croissance possible reste la formation et le retrofit de machines existantes.
- Le marché mondialL’équipement des pays asiatiques et de la zone indienne va sans doute se poursuivre au rythme actuel - 30% - et les USA vont rattraper un retard certain dans ce domaine
- Les développements techniques
Si la PH 10 reste la star actuelle, le futur immédiat sera la famille RenScan avec la REVO, qui appelle encore un gros effort de mise au point sur les logiciels d’accompagnement.
L’effort de R&D de Renishaw qui est de 15 pour cent seporte massivement sur ce domaine actuellement. Là encore, il faudra plusieurs années pour faire comprendre les immenses avantages du produit. Certes le contrôleur est propriétaire mais des passerelles se mettent en place avec le standard PC DMIS notamment. Notons cependant, que si Renishaw fournit le “serveur” en I++, c’est aux développeurs de PC DMIS de fournir les instructions en I++ “client”. D’un côté il y a une perte de maîtrise de la précision pour le constructeur de la machine car elle réside dans la partie serveur, d’un autre, beaucoup dépend aussi des algorithmes utilisés dans l’interface “client”. Pas simple en fait... “La précision de la prise de point et les calculs sont deux choses différentes et des conflits peuvent apparaître” précise M.Gonzalez. Notons que si les appareils embarqués dans les machines-outils vont devenir la norme,
le scanning sur machine ne devrait pas tarder à faire son apparition... avec des logiciels de programmation assistée des contrôles sur machine-outil. La collaboration avec DELCAM qui lance des modules de
features tout à fait impressionnants d’efficacité et marquant l’abandon des G-codes, permettra aux opérateurs de mettre très vite au point des programmes de contrôle “au pied de la machine”.
- Message à faire passer en priorité ?
“Et l’Europe dans tout cela ?” fulmine M. Gonzalez. “Le front uni européen n’existe guère au plan économique comme au plan politique. Il faut se décider à faire payer leur quote part de notre bien-être social aux producteurs des pays émergents qui veulent vendre chez nous. Nous ne pourrons plus longtemps supporter la charge des licenciements économiques ou des délocalisations. Ceux qui ne souscrivent pas à nos règles sociales doivent faire un effort pour accéder au marché européen”.
En reprenant l’idée du Danemark, une baisse conséquente des charges patronales et salariales permettrait une hausse du revenu net salarial, aussitôt compensée par une hausse sensible de la TVA. Le budget de l’Etat s’y retrouverait sans doute et les importateurs supporteraient cette hausse dont le produit serait réaffecté au budget social. Cela aurait l’avantage de favoriser l’emploi et l’investissement en zone CEE en rendant les délocalisations plus coûteuses en cas de réimportation des produits. Les produits importés seraient plus chers et donc une hausse de pouvoir d’achat ne se traduirait plus automatiquement par une hausse des importations hors CEE. Les coûts salariaux étant plus acceptables, bien des entreprises étrangères s’installeraient en Europe pour y produire directement au lieu d’importer.
- Comment ressentez-vous l’intérêt des industriels à renouveler leur équipement pour bénéficier des avantages des machines de dernière technologie ?
Beaucoup balancent entre délocaliser des machines amorties ou anciennes ou réinvestir sur un marché plutôt stagnant. Délocaliser pour conquérir de nouveaux marchés est une démarche positive à l’inverse de celle qui envisage de réimporter des produits fabriqués à moindre coût. Pourtant avec des équipements très productifs et pouvant travailler seuls, l’impact des coûts salariaux est faible.
(De même délocaliser des équipements vieillissants est une erreur car les pays émergents ne s’équipent nullement de vieilles machines... NDLR).
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