par Martine Rigaudie, envoyée spéciale
Le site de Liernais en Côte d’Or où est implanté GEWISS France a fait l’objet de profond remaniement, à la suite d’un sinistre qui a nécessité de pratiquement tout reconstruire. Des investissements très importants ont été réalisés et l’inauguration de la nouvelle implantation a eu lieu en juin dernier.
Le 5 juin 2008, Pierre-Emmanuel Buret, Directeur Général de la société GEWISS FRANCE (anciennement Mavil) du groupe Gewiss, inaugurait en présence des représentants du Conseil Général, de la Direction du groupe en Italie et de Madame le Maire de Liernais, la toute nouvelle usine du groupe. Cette inauguration, autant souhaitée par le groupe Italien que par les représentants Français était le point d’orgue de la réussite de l’entreprise sur notre marché, rachetée en 1999 par Gewiss SpA. A l’origine, Mavil, installée en Côte d’Or, fabrique des chemins de câble, des gammes uniques sur le marché certifiées NF composées de tôle perforée ou de fils d’acier soudés. Désormais, Gewiss France, qui emploie environ 170 personnes, commercialise sur notre territoire les produits de la maison-mère en Italie et ceux fabriqués par Mavil (chemins de câble et, pour 10% du chiffre d’affaires, des racks de stockage) en France.
Gewiss est la filiale française du groupe éponyme, société familiale cotée à la bourse de Milan, créée en 1970 en Italie par Domenico Bosatelli. Le groupe international réalise 350 millions d’euros de chiffres d’affaires, distribués pour moitié en Italie et à l’international à travers une douzaine de filiales ou bureaux commerciaux répartis sur l’ensemble de la planète : France, Allemagne, Angleterre, Espagne, Inde, Chine, Russie,Turquie, Roumanie, Chili, Emirats Arabes Unis, qui distribuent les produits dans plus de 80 pays. Le groupe Gewiss qui emploie plus de 2 000 personnes, est l’un des leaders dans le domaine des installations électriques intégrées et des solutions d’éclairage pour l’habitat, le secteur tertiaire et l’industrie.
La filiale française a réalisé 35 millions de chiffre d’affaires en 2007, dont 8% à l’export, soit une hausse de 14% dans un marché qui a subi globalement environ +6%. Les produits Mavil représentent 50% du CA.
Les directions générale et marketing de la filiale sont installées en région parisienne aux Ulis, tandis que la production s’effectue intégralement sur Liernais.
Fig. 1 - Pierre-Emmanuel Buret, entouré des représ entants du groupe Italien Gewiss et du Conseil Général de la Côte d’Or.
Une renaissance attendue
Si cette inauguration tenait tellement à cœur du groupe, c’est du fait qu’en mars 2006, l’usine fait l’objet d’un sinistre majeur. La toiture, recouverte en quelques jours d’un manteau de neige et de glace, s’effondre en pleine nuit sur le site, détruisant 8 000 mètres carrés de bâtiments sur les 10 000 existants. Seuls 2 000 mètres carrés et quelques machines sont épargnés par la catastrophe. Ces dernières vont permettre à Gewiss de survivre tant bien que mal et de répondre à un carnet de commande déjà bien rempli qui ne peut souffrir aucun retard. L’importance des dégâts aurait pu convaincre les propriétaires Italiens de fermer le site. Malgré le coût ces derniers décident au contraire de le maintenir, évitant ainsi le chômage de 170 personnes dans une région où il faut aller jusqu’à Dijon, voire Lyon pour trouver un emploi.
Devant tant d’abnégation les pouvoirs publics locaux vont aider le groupe italien à réinvestir massivement. Ce qui aurait pu être la fin de Mavil s’est révélé à terme positif, dans la mesure où le plan de réinvestissement de 17 millions d’euros a permis, dans le cadre de la reconstruction, d’investir également 3 millions d’euros sur le parc machines.
“Ce fut une décision salutaire puisque nous avions besoin d’accroître nos capacités de production et de nous moderniser par l’acquisition de nouveaux outils visant à la création en interne de produits”, indique Pierre-Emmanuel Buret. “Notre nouvelle usine qui s’étend sur 12 000 mètres carrés est aujourd’hui entièrement installée et c’est heureux. Nous avions pris du retard avec la catastrophe dont il a fallu se relever, du fait que notre carnet de commandes était plus que complet cette année, ce qui est une très bonne chose, mais nous ne pouvions pas nous permettre d’arrêter la production sur les anciennes machines pour terminer leur transfert, qui est maintenant achevé.”
En ce qui concerne le siège commercial, ce dernier est toujours basé aux Ulis dans l’Essonne. L’entreprise y dispose d’une surface de 2 600 mètres carrés qui acceuille un show-room, un centre de formation de 80 places équipé d’une régie vidéo, d’un laboratoire de formation produits. Il abrite également la direction générale et la direction commerciale (administration des ventes, marketing, assistance technique, grands comptes, et les commerciaux pour l’Ile de France).
Une Recherche fort importante
La R&D possède une double fonction : nouveaux produits et process, une division qui est très importante au sein de Gewiss. Ce département est constitué de bureaux d’études et d’un laboratoire certifié, garant de l’innovation et partenaire des principaux laboratoires de référence européens pour tester les produits conformément aux normes en vigueur. Une partie de la clientèle, outre les distributeurs professionnels majoritaires, se compose de clients installateurs “grands comptes” du marché du BTP qui, en fonction des chantiers, demandent la création et la fabrication de pièces complexes et spécifiques sur-mesure.
Dans ce cadre l’usine a commencer par se doter d’un combiné découpe-laser de grande hauteur. La mise en place du combiné a permis à Gewiss de créer de nouvelles gammes et de proposer une offre sur-mesure beaucoup plus souple et plus importante.
Fig. 2 - Gros plan sur le poinçonnage réalisé par le combiné Pullmax 720.
“Voyant ce que cette machine est capable de faire, notre service R&D pourra développer de nouvelles idées”, insiste Pierre-Emmanuel Buret, “que nous ne pouvions pas réaliser. C’est dans ce cadre que nous avons investi dans un combiné PULLMAX 720. Nous soustraitions couramment toutes les opérations d’électrozinguage, de peinture époxy lorsqu’elles ne pouvaient se réaliser sur le site, ainsi que la fabrication des pièces de formes complexes: des coudes, des couvercles, etc. Ce combiné va nous servir à produire en interne ces formes complexes, mais la quantité des
produits de ce type ne justifie pas à elle seule l’investissement. Le combiné est également un outil de recherche et de développement. En outre, la Pullmax est la première machine neuve véritablement installée dans notre plan de reconstruction.”
Fig. 3 - Les tôles perforées, destinées aux chemins de cables, sont découpées et maintenues à plat pour la livraison.
Une reconstruction du parc positive
Le combiné 720 a été livré et mis en place en décembre 2007. La formation de trois semaines, menée sur le site par les techniciens venus de Suède, s’est déroulée courant janvier 2008. Le plus intéressant dans cette machine est qu’elle peut former jusqu’à une hauteur de 75 mm, ce qui permet à terme de réaliser en une seule opération des pièces complexes qui devaient préalablement être usinées en deux parties et nécessitaient en plus des opérations de soudage. De multiples pièces, qui n’entraient pas dans le cahier des charges de l’usine vont désormais être réalisées sur place grâce à l’économie d’opérations alternatives et de manutention devenues inutiles.
Dotée d’un chargeur d’entrée permettant d’assurer jusqu’à 14 références différentes pour environ 3 heures d’autonomie, et d’un bras manipulateur pour garantir
l’alimentation de séries multiples, la 720 est dotée d’un préhenseur qui positionne les pièces finies soit en vrac, soit triées, sur une palette dédiée pour quatre types de pièces.
Fig. 4 - La Pullmax est dotée d’un chargeur de tôles automatique permettant la réalisation de 14 références différentes.
Les squelettes sont évacués automatiquement avant l’enclenchement du programme suivant. La Pullmax 720, assure la réalisation rapide d’une pièce complexe, contre plusieurs jours préalablement pour obtenir le même résultat. Le combiné permet d’éliminer quasiment tous les en-cours.
Chaque année ce sont environ 7 000 tonnes de métal qui sont traitées à Liernais, composées essentiellement d’acier, l’aluminium se révélant secondaire dans la production. Sur les 12 000 mètres carrés du site, 50% sont réservés à la logistique, 6 000 mètres carrés appartenant à la production. Le hall de production est divisé en trois zones : l’activité fil, les accessoires et l’activité tôle. Dans cette dernière zone, les premières opérations à partir de bobines de tôle sont la réalisation, à l’aide d’une presse de 400 tonnes, de dalles perforées à raison d’une toute les minute et demi qui seront ensuite pliées pour la réalisation des chemins de câble. Les livraisons sont
effectuées via des transporteurs nationaux ou internationaux. Ainsi, le Mexique, qui reçoit ses chemins de câbles en fil à plat, est livré depuis Liernais. Le pliage, pour des raisons de coût de transport, est réalisé à l’arrivée.
Fig. 5 - Un opérateur s’assure du parfait emballage des chemins de câbles avant leur livraison sur les chantiers.
Désormais pleinement opérationnelle l’usine de Gewiss France a pu développer son carnet de commande de façon notoire dans un contexte économique pourtant réputé difficile. Ce qui prouve sans nul doute que des investissements bien faits donnent de bons résultats.

Fig. 6 - Gewiss usine également des racks dont les premiers exemples sont ceux de sont propre entrepôt.