Par Dominique DUBOIS
Les récentes portes ouvertes organisées par IEMCA France au beau milieu des vallées industrieuses de nos décolleteurs permettaient aussi de rencontrer des spécialistes avec des produits nouveaux et d’apprécier le repositionnement de la société.
BUCCI Industries, un groupe en plein essor
Ce groupe appartient historiquement au tissu industriel de l’Emilie Romagne de nos voisins italiens et son fondateur, Massimo Bucci en préside d’ailleurs le groupement des industriels. Dès le début des années 60, la prise de contrôle du fabricant d’embarreurs IEMCA et des machines GIULANI orienteront le groupe vers l’automatisation des processus industriels. RIBA Composites sera acquise en l’an 2000 dans un souci de diversification tandis que SINTECO rejoindra le groupe en 2003 avec son expertise en robotique et dans les lignes d’assemblage. Le groupe pèse aujourd’hui 85 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 600 collaborateurs. Le département R&D est financé à hauteur de 4,5% du chiffre d’affaires tandis que 40% de la production est exportée hors Europe. Un site industriel est actif à Taiwan, un autre aux Etats-Unis. Iemca France a été mise en place en 1996 et propose donc sur le marché français des embarreurs mais aussi les autres produits du groupe ainsi que ceux de partenaires dont elle assure la distribution.
IEMCA
Les embarreurs pour machines-outils IEMCA ne se présentent plus et se montent aussi bien sur des machines anciennes à cames ou transfert que sur les centres multi-fonctions numériques de dernière génération. Les diamètres de 1 à 80 mm sont pris en charge, du lopin à la barre de six mètres. Les plus gros modèles sont destinés à des machines particulières comme les gros multi-broches d’INDEX ou des machines spéciales travaillant par faisceaux de barres et par familles de pièces. Environ deux appareils sont livrés par jour ouvrable par la filiale française, forte aujourd’hui de 25 personnes. La Suisse romande fait partie de son territoire et une grande partie des ventes a lieu en direct auprès des décolleteurs tandis que dans le secteur de la mécanique, les achats se font plus en équipements complets, les ventes se faisant alors au travers des constructeurs avec les interfaces dédiées. M. Bouvet, le responsable de la société étoffe sans cesse ses équipes de techniciens et accroît leur formation afin de pouvoir répondre de façon efficace à ces nouvelles facettes de son activité.
Les embarreurs ont ceci de particulier qu’ils peuvent être montés sur diverses machines au cours de leur existence en fonction des besoins ou survivre à la machine d’origine qui a justifié leur achat. Ceci suppose donc une activité de conseil et d’adaptation/remise en état non négligeable pour Iemca France, surtout au vu du nombre considérable d’équipements en service.
Les demandes du marché ont également évolué: les manipulations des pièces finies doivent être soigneuses et respecter des surfaces fragiles et précises, le suivi des lopins ou des barres jusqu’à la pièce finie doit être assuré, le contrôle des diamètres, des outils et le monitoring des efforts et des cycles sont devenus incontournables, les cadences des machines sont toujours plus élevées et, enfin, des interfaces doivent raccorder les périphériques à la CN de façon directe et transparente. En bref, il faut faire simple et robuste mais aussi rapide et communiquant. Un détail, il faut aussi faire moins cher...
Les modèles proposés aujourd’hui sont donc assez différents des gammes des années précédentes. La nouvelle gamme est plus facile d’entretien et plus silencieuse, tout en étant moins coûteuse.
La gamme 2005
- Parmi les chargeurs de barres destinés aux tours mono-broches, nous retiendrons le KID 70 qui est capable de s’accommoder des petites longueurs de 150 à 1615 mm et de diamètres de 5 à 70 mm. Cet embarreur à suspension hydraulique est rapide à mettre en œuvre et permet de fréquents changements de diamètres de barre en automatique grâce à son faisceau de tubes guides-barres de tailles différentes.
- Le GENIUS 118 est le spécialiste des barres de petit diamètre avec son mécanisme qui relie la poussette à la poupée
mobile et évite toute contrainte en flambage sur la barre. Un canon télescopique autorise des barres de 1 mm en toute sécurité (fig.1).
Fig. 1 - Le Genius 118, approprié aux barres de petits diamètres, est ici présenté avec la CITIZEN K12VII.
Le SMART 316 est aussi un tout nouveau modèle de 3 à 16 mm avec un groupe de couteaux auto-centrants, des guides en matière plastique et une synchronisation avec la poupée mobile permettant la récupération des chutes, le tout pour un prix agressif.
- Enfin les BOSS 545 et 551 sont parfaits pour alimenter des tours à poupée fixe à haut rendement en barres de 3200 à 4000 mm et de diamètre 5 à 45 ou 51 mm. L’utilisation d’un autocentreur, la possibilité de choisir la tombée de chute, en arrière ou en avant de la broche et le système de double poussette en font des appareils efficaces et faciles à programmer avec le clavier mobile. Trente secondes suffisent pour un changement de barre de diamètre 32 en 3 mètres. Bien entendu, le réglage automatique des couteaux d’introduction de la barre dans la pince de l’appareil est de série comme sur tous les autres modèles récemment revisités.
- Pour les machines multi-broches travaillant les grandes séries, un appareil comme le PRA 100 accepte 2,5 tonnes en faisceaux de barres de diamètre 20 à 100 mm. Les barres sont amenées au barillet arrière de la machine qui les prend en charge avec ses pinces d’avance. La gestion de cycle se fait par automate.
GIULANI
Il s’agit d’un des spécialistes transalpins des machines spéciales de production en moyenne et grandes séries. La société propose des équipements comme le PROFLEX que l’on pourrait qualifier de machine transfert modulaire à axe horizontal, livrable avec alimentation à barre tournante ou non et pour pièces en lopin. Citons aussi les TRANSTABLE, transferts rotatifs à tables tournantes multistations et multi-axes. Parmi les objectifs du constructeur, le positionnement sur le marché des composants à forte valeur ajoutée, la prise en compte des contraintes de productivité sans cesse croissantes du secteur
automobile et surtout offrir une alternative économique aux sirènes des délocalisations sont des priorités. Deux équipements ont déjà été vendus en 2004 par la filiale française et ce type de produit est valorisant professionnellement aussi bien pour les installateurs que pour les techniciens du service après-vente (fig.2).
Fig. 2 - Le Proflex de GIULIANI est une machine transfert horizontale multibroches entièrement carénée, bien adaptée aux séries moyennes.
SINTECO
Tourné vers le secteur de l’assemblage, Sinteco offre deux produits principaux : une table rotative de six à douze postes ou un transfert linéaire pour les grandes cadences. Toutes les technologies peuvent être intégrées en périphérie comme la vision laser ou CCD, les bols vibrants, les robots manipulateurs, la gravure, l’impression, l’ébavurage, nettoyage, etc. L’arrivée de Sinteco et l’activité d’interface avec les usines italiennes à naturellement amené Iemca France à se tourner vers des partenaires spécialistes pour être à même de proposer une offre complète multi-polaire).
ZEISS
Zeiss présentait sa machine GageMax prévue pour fonctionner en environnement atelier et son logiciel d’appui et d’expertise Calypso en version 2.3. Cette machine, de cinq tonnes est compacte, accepte des charges de 500 daN, peut être palettisée et fonctionner en mode automatique aussi bien en point par point qu’en mode balayage. La machine est rapide et offre un volume utile de 700 x 500 x 500 mm.
STAÜBLI
Staübli présentait sa gamme TX avec notamment un TX 40 en version IP 67 fonctionnant sous aspersion continue. Ce robot six
axes est capable de 0,02 mm en répétabilité pour 1,7 kg de charge nominale. Le fabricant suisse intervient en soutien pour toutes les applications de chargement/déchargement et/ou de manipulation (fig.3).
Fig. 3 - Les robots six axes de la série TX chez STAÜBLI sont livrables en version IP67 les rendant étanches aux projections d’eau et de lubrifiants.
CITIZEN
Venue en voisine de chez HESTIKA France tout proche, la CITIZEN K12 VII était là pour montrer que l’interface développée en collaboration avec Iemca était au point et aussi pour faire étalage de sa souplesse, de sa vélocité et de sa remarquable compacité pour un tel niveau de productivité. La broche principale atteint 15000 t/mn et la CNC FANUC permet 32 m/mn sans oublier un axe C et 14 outils fixes pour 7 outils motorisés. Cette vraie décolleteuse accepte 12 mm en barres pour des ravitaillements de 200 mm et a un encombrement de 1680 x 1000 mm.
VISICONTROL
Cette entreprise allemande est spécialisée dans le contrôle et le tri visuel de pièces et composants sur des chaînes d’assemblage ou de production. Les points forts de ses installations sont une excellente exploitation logicielle des caméras CCD utilisées et une rapidité de mise en œuvre cruciale pour des productions par lots. La vitesse de traitement atteint 1200 pièces à la minute avec jusque 20 critères discriminants. L’industrie des vis et des boulons est le secteur cible de la société mais les résultats sont tout aussi bons dans les petits composants décolletés. La mesure se fait en vol contrôlé ou sur un plan incliné. Un système d’éclairage ad hoc avec les deux caméras CCD et des algorithmes très pointus permettent
quasiment le zéro-faute à grande cadence et surtout 24 h/24. Plus les pièces comportent des cotes précises et des points critiques, plus ce genre de système est rentable et permet une qualité maximale au moindre coût. Typiquement ce sont des vis de M2 à M8 de 8 à 60 mm qui permettent la vitesse la plus élevée (fig. 4).
Fig. 4 - Les modules de VISICONTROL existent en différentes versions - ici la "E" - mais sont entièrement configurés suivant les opérations ou composants à contrôler.
MONTRONIX
Il est devenu indispensable, aussi bien pour les constructeurs, les installateurs que les utilisateurs de matériels de production, de disposer de systèmes de surveillance et d’enregistrement des anomalies survenues en cours de travail. Les litiges délicats sont évités, les opérations de maintenance facilitées et prévisibles et les opérateurs responsabilisés. Cela revient à disposer d’une "boîte noire" embarquée. En plus de différents appareils et capteurs dédiés, la chaîne de détection de la société américaine Montronix s’est récemment enrichie d’un capteur miracle, le SPECTRA PULSE. Celui-ci contient un accéléromètre triaxial, des filtres électroniques, un microprocesseur, une horloge et de la mémoire, le tout dans 55 x 30 x 15 mm et 55 grammes ! Il détecte une collision en 1 milliseconde, les surcharges, les balourds, les paliers fatigués, les chocs,
etc. Un simple PC reçoit les mesures et les données et les interprète avant de les stocker. Il est donc devenu facile et économique de garder un œil sur des équipements de production aussi vitaux que coûteux et de prévoir les réactions appropriées (fig. 5 & 6).
Fig. 5 - L’armoire de démonstration de MONTRONIX permet de tester les différents types de capteurs et de gestions de signaux proposés par le fabricant américain.

Fig. 6 - Le Spectra est un capteur embarqué multi-fonctions polyvalent et très efficace pour équiper à lui tout seul une machine.
Avec de telles "cartes" à promouvoir en France et des équipes réactives et mulltimétiers, nul doute que Iemca France saura trouver de nouveaux marchés et surtout développer ceux, nombreux, où elle est déjà présente.